Voici enfin les très attendues photos de la 42ème Vogalonga et le texte de Marian :

Comme prévu par la météo, fraicheur et grisaille nous accueillent à l’aéroport Marco Polo. Malgré cela et un réveil à l’aube, l’enthousiasme de la petite troupe est intact. Le transfert vers notre hôtel, en bateau-taxi, permet à ceux qui viennent pour la 1ère fois de découvrir Venise et ses premiers monuments, avant de pénétrer dans les petits canaux où la circulation, bien que maritime, n’exclut pas encombrements et embouteillages.

Débarrassés de nos bagages, nous nous acheminons tranquillement vers Mestre où nous devons récupérer les kayaks que nous avons réservés. Arrivés au lieu de rendez-vous en avance, nous en profitons pour pique-niquer sur la base nautique, particulièrement agréable, et à ce moment-là ensoleillée. A l’heure du rendez-vous, personne ! Pas de panique, nous sommes au Sud de l’Europe et l’horaire germanique n’y a pas vraiment cours. Après plus d’une heure d’attente, nous envisageons quand même de tenter quelque chose et recherchons sur Internet de nouvelles coordonnées de personnes susceptibles de nous renseigner. Heureusement l’un d’entre nous parle italien et réussit à établir un contact qui nous révèle que notre interlocuteur, qui devait nous recevoir, est à …. Duisburg pour une compétition !!! Enfin, avec de la bonne volonté et de la patience, tout s’arrange et nous voilà sur l’eau. La traversée vers Venise se fait sous un ciel très menaçant  mais la chance est avec nous et nous échappons à l’orage, qui s’en va s’épancher un peu plus loin. Après un bon diner, chacun s’empresse de trouver son lit pour récupérer après cette journée, particulièrement longue.

Après une journée de tourisme, nous décidons de profiter de la veille de la Vogalonga pour faire une excursion en kayak à SAN ERASMO, ce qui sera un bon entrainement pour nos muscles (20km) mais surtout nous permettra de déguster le seul vin produit dans les iles de Venise et de plus par un Français : l’ORTO, qui est bien à la hauteur de ses ambitions et nous a ravi.

Aujourd’hui, c’est le grand jour : Venise est à nous, les bateaux à moteur sont interdits. Nous quittons l’hôtel à 7h pour retrouver nos kayaks et nous préparer à la grande aventure. Petit à petit, les canaux se remplissent de toutes sortes de bateaux (barques, gondoles, kayaks, canoës, etc…) dont le seul point commun est qu’ils sont propulsés par la force des bras. Les bateaux viennent de toute l’Europe et on entend parler italien, bien sûr, mais aussi français, allemand, anglais, néerlandais et même hongrois et finnois!).

1400 bateaux et 7250 participants se pressent au départ devant San Marco et le coup de canon qui annonce le départ, libère une horde bruyante et colorée qui va s’étirer sur les 32 km du parcours. Dans l’enchevêtrement des avirons et des pagaies, il est parfois difficile de maintenir son cap et comme toujours les bateaux à équipage sont les plus forts. Nous autres petits kayakistes devons éviter les coups d’aviron, même s’ils sont involontaires, sous peine de baignade dans la lagune, certes peu profonde par endroit mais très salée !! Le ciel est avec nous et nous gratifie d’un soleil généreux sous lequel nous progressons vers San Erasmo, Burano et au retour vers Murano. Lorsque que nous quittons les maisons colorées de Burano, les muscles commencent à se manifester mais, le spectacle de Venise qui vient à notre rencontre efface toute douleur. L’entrée dans la ville par le Cannareggio se fait dans une confusion totale mais sous les applaudissements et les cris de la foule massée sur les quais : c’est alors que nous prenons vraiment conscience du privilège qui est le nôtre. Mais déjà Santa Maria della Salute apparaît au loin pour nous signaler la ligne d’arrivée. Après une rapide remise de médailles, toute l’équipe cristolienne se regroupe pour un dernier parcours vers Mestre où nous devons rendre les kayaks.

Cette dernière navigation se fera, comme à l’arrivée sous un ciel d’orage menaçant, mais malgré le vent qui met à dure épreuve nos bras endoloris, nous parvenons à bon port, fatigués mais heureux.

Lorsque nous reprenons le tram pour retourner à l’hôtel, nous rivalisons de  commentaires et impressions et curieusement personne n’évoque la fatigue de plus de 5h de navigation continue !!

Une nouvelle fois, les kayakistes ont fait honneur à l’US Créteil en portant ses couleurs dans les eaux de la Sérénissime.

Marian Lazarovici

⇒ Show must go on !